Wednesday, March 18, 2026
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Reconnaissance de l’État palestinien : Un tournant diplomatique sous haute tension avant l’Assemblée générale de l’ONU

Le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et le Portugal ont officiellement reconnu l’État de Palestine dimanche 21 septembre 2025 , rompant avec les positions traditionnelles de leurs alliés comme les États-Unis et Israël. Ce geste, coordonné mais chargé de conditions, s’inscrit dans une dynamique internationale visant à raviver l’idée d’une solution à deux États et à condamner les actions israéliennes jugées illégales ou excessives. Israël, dénonçant ces reconnaissances comme un « cadeau au terrorisme », a promis des représailles diplomatiques, tandis que la France se tient prête à faire de même, affirmant que ce pas est nécessaire au maintien du droit international et de l’équilibre géopolitique.

Les annonces du Royaume-Uni, du Canada, de l’Australie et du Portugal ne sont pas venues au hasard. Chacun précise imposer une condition : un cessez-le-feu immédiat à Gaza, un engagement envers une solution à deux États, et la fin de l’expansion des colonies israéliennes dans les Territoires occupés. Par exemple, le Royaume-Uni, par la voix de Keir Starmer, déclare reconnaître la Palestine pour raviver « l’espoir de paix », tout en affirmant que ce ne constitue pas une récompense à Hamas. Le Portugal souligne que cette reconnaissance est le prolongement d’une ligne de politique étrangère constante, appuyant que « la solution à deux États est le seul chemin vers une paix juste et durable ».

Du côté israélien, la réaction est virulente. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a qualifié la démarche de « récompense du terrorisme », indiquant que la création d’un État palestinien « à l’ouest du fleuve Jordan » ne se produira pas. Le ministère israélien des Affaires étrangères dénonce une déclaration unilatérale qui, selon lui, « ne favorise pas la paix, mais déstabilise encore la région » et compromet les chances d’un règlement futur. En parallèle, Israël envisage des mesures en réponse : protestations diplomatiques, possibles représailles ou pressions indirectes à l’égard des États ayant reconnu la Palestine.

La France, déjà annoncée comme l’un des premiers pays occidentaux majeurs à reconnaître officiellement la Palestine, assume une position de plus en plus centrale. Emmanuel Macron défend cette reconnaissance comme une étape essentielle pour préserver une perspective politique dans le conflit, rappeler que la sécurité passe aussi par la justice pour les Palestiniens, et prévenir le désespoir qui nourrit l’extrémisme. Il réfute par ailleurs les critiques israéliennes et américaines selon lesquelles reconnaître l’État palestinien serait dangereux, affirmant que ces accusations omettent la crise humanitaire et le droit international.

Ce moment diplomatique marque peut-être un point de bascule : pour la première fois, plusieurs alliés de longue date d’Israël se détachent publiquement de l’argument selon lequel la reconnaissance d’un État palestinien doit attendre. Cela peut augurer d’une redéfinition stratégique des équilibres au Proche-Orient, où la légitimité ne s’achète plus seulement dans les armes ou les alliances de puissance, mais dans la perception internationale et le respect des principes. Toutefois, sans actions concrètes — arrêt des colonies, levée des blocus, véritable désarmement de groupes armés — cette reconnaissance risque de rester un symbole fort, mais fragile. Et dans le tumulte qui s’annonce à l’ONU, le défi sera de transformer ce symbole en fondement durable pour la paix.

pascalfleuristil2018@gmail.com

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Pascal Fleuristil

Je suis Pascal Fleuristil, originaire de l'Arcahaie. J'ai étudié la communication à l'ISNAC. Passionné du journalisme, Je m’intéresse à tous les sujets d'intérêt général.