Friday, March 20, 2026
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Haïti à l’ONU : Une délégation pléthorique financée par la misère du peuple

Pendant que le peuple haïtien s’enlise chaque jour davantage dans une misère atroce et une insécurité qui déchire les entrailles de la société, le Palais National vient d’officialiser la composition d’une délégation pléthorique pour représenter le pays à la cérémonie des traités de 2025, en marge de la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies. Le document du Secrétariat Général de la Présidence égrène, noir sur blanc, une liste de plus d’une vingtaine de noms : conseillers, épouses, chefs de protocole, photographes, cameraman, agents de sécurité et même responsables de réseaux sociaux. Une véritable flotte diplomatique, taillée non pas pour la sobriété d’un État en crise, mais pour l’orgueil d’une élite déconnectée des réalités quotidiennes.

Car il faut dire les choses comme elles sont : chaque billet d’avion, chaque nuit d’hôtel, chaque per diem puisera directement dans le trésor public, alors que des milliers d’Haïtiens ne savent plus comment assurer un repas par jour à leurs enfants. Ironie mordante : l’argent qui devrait servir à rouvrir des écoles fermées, réparer des hôpitaux délabrés ou soutenir des familles déplacées par les gangs, se volatilise dans des voyages somptueux, couverts d’une légitimité protocolaire mais dénués d’une véritable utilité nationale.

Au-delà de la simple indignation, ce décalage illustre le fossé abyssal entre le train de vie de l’État et la condition réelle du peuple. Comment justifier qu’au cœur d’une crise sécuritaire où la PNH manque cruellement de moyens, on trouve les ressources pour financer une escorte aussi large et aussi coûteuse ? Comment comprendre que dans un pays qui pleure chaque jour ses victimes de balles perdues, de famine et de kidnappings, on puisse encore se permettre le luxe d’aligner photographes, épouses et conseillers pour briller sous les projecteurs internationaux ?

Cette délégation, loin de renforcer l’image d’Haïti à l’ONU, devient au contraire le symbole de son naufrage moral : un État qui, au lieu de protéger et nourrir son peuple, se gave de privilèges et se complaît dans l’apparat. Le peuple, lui, reste livré à lui-même, sombrant dans une pauvreté sans fond. Tant que les priorités resteront inversées, tant que les caisses de l’État serviront à financer des voyages plutôt qu’à soulager la souffrance des plus vulnérables, la misère et l’insécurité continueront de ronger Haïti jusqu’à l’os.

À l’ONU, la délégation brille ; en Haïti, le peuple s’éteint.

pascalfleuristil2018@gmail.com

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Pascal Fleuristil

Je suis Pascal Fleuristil, originaire de l'Arcahaie. J'ai étudié la communication à l'ISNAC. Passionné du journalisme, Je m’intéresse à tous les sujets d'intérêt général.