Des Haïtiens marchent à Pointe-à-Pitre pour exiger la réouverture de l’aéroport international Toussaint Louverture
Ce dimanche 17 mai 2026, en prélude au 223e anniversaire du bicolore haïtien, des marches ont été organisées par la diaspora haïtienne dans plusieurs pays. À cette occasion, la communauté haïtienne a appelé au déblocage de la situation, notamment à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, où s’est tenue une mobilisation pour la réouverture du principal aéroport d’Haïti.
À prélude de la Fête du Drapeau, qui sera célébrée ce lundi 18 mai 2026 par toute la diaspora, l’Association Coordination Haïtienne Tèt Kolé (ACHTK) a relayé ce mouvement international en Guadeloupe.
Enbirons une centaine de ressortissants et de sympathisants de la première République noire ont défilé tôt ce dimanche matin dans les rues de Pointe-à-Pitre, partant de la Place de la Victoire. Les manifestants étaient vêtus de bleu et de rouge, les couleurs de l’étendard national.
Le but principal de cette mobilisation mondiale est d’attirer l’attention sur la situation critique autour de l’aéroport de la capitale, Port-au-Prince. Le trafic aérien y est totalement paralysé, l’infrastructure ayant été maintes fois visée par les gangs armés qui contrôlent la majeure partie de la capitale et de ses environs.
Les compagnies aériennes commerciales ont suspendu leurs vols vers l’aéroport Toussaint Louverture depuis que des bandits ont ouvert le feu sur trois avions en novembre 2025, blessant légèrement une hôtesse de l’air. Dans ce contexte, les Haïtiens vivant à l’étranger peinent à retourner sur leur terre natale. “Nous voulons rentrer dans notre terre natale, notre pays d’origine. C’est là que nous nous sentons le mieux, à l’aise, en famille. Mais hélas, rien ne va. Non seulement l’aéroport est bloqué, mais tout le pays est bloqué”, se lamente Atercie Richemond, une ressortissante haïtienne installée en Guadeloupe depuis de nombreuses années.
”C’est très difficile, c’est pour cela que les compatriotes ne partent pas. Il faut quitter la Guadeloupe, aller à Saint-Martin ou dans une autre île de la Caraïbe pour prendre un avion vers le Cap-Haïtien ou des communes éloignées. Et même quand on arrive à l’aéroport du Cap-Haïtien, on ne sait pas si on pourra rentrer chez soi à cause des gangs partout et de l’insécurité. Aujourd’hui, nous disons que c’en est assez!” s’indigne Kindeur Guerlande, coordonatrice de l’association Tèt Kolé.
La diaspora haïtienne confie se sentir prise en otage à l’étranger, condamnée à travailler pour envoyer des fonds au pays, des transferts sur lesquels des frais sont ponctionnés au profit de divers intermédiaires.
Face à ce chaos, les manifestants appellent la communauté internationale à agir pour débloquer Haïti afin d’y rétablir une paix durable. Au milieu de la foule, un jeune garçon brandit une pancarte explicite: “La paix, la sécurité, débloquez les routes. Nous demandons la paix et la sécurité pour Haïti, notre pays”, résumant ainsi la souffrance et l’espoir de tout un peuple.
Marcia MOÏSE
moisemarcha@gmail.com

