TPS : le Sénat américain face à l’urgence de protéger les Haïtiens jusqu’en 2029
À la veille de l’expiration des autorisations de travail accordées dans le cadre du Temporary Protected Status (TPS), une nouvelle tentative est lancée au Sénat américain pour maintenir la protection des ressortissants haïtiens jusqu’au 20 avril 2029. L’initiative intervient alors que des centaines de milliers de bénéficiaires restent dans l’incertitude quant à leur avenir aux États-Unis.
Le sénateur démocrate Edward J. Markey, représentant du Massachusetts, entend demander l’adoption du projet de loi H.R. 1689 par consentement unanime. Déjà approuvé par la Chambre des représentants le 16 avril, avec 224 voix contre 204, le texte prévoit de maintenir Haïti parmi les pays bénéficiant du TPS jusqu’au 20 avril 2029.
L’urgence est liée à l’échéance du 24 juillet, date à laquelle les autorisations de travail de nombreux bénéficiaires haïtiens doivent arriver à expiration en vertu d’une ordonnance provisoire de la justice fédérale. Alors que la Cour suprême a autorisé l’administration américaine à mettre fin au programme, une intervention du Congrès apparaît comme la principale possibilité de préserver cette protection.
Les défenseurs du projet estiment qu’environ 350 000 Haïtiens bénéficient actuellement du TPS aux États-Unis et contribuent à hauteur de près de 5,9 milliards de dollars par an à l’économie américaine. Ils soulignent également que la situation en Haïti demeure incompatible avec un retour massif et sécurisé, dans un contexte marqué par l’insécurité, les déplacements de population et une grave crise humanitaire.
La procédure de consentement unanime permettrait au Sénat d’adopter rapidement le texte, mais elle pourrait être bloquée par la moindre objection d’un sénateur. À quelques heures de l’échéance du 24 juillet, le sort du TPS des Haïtiens dépend donc d’une décision politique qui pourrait déterminer l’avenir de centaines de milliers de personnes vivant et travaillant aux États-Unis.

