La policière Samine Francesse Ravelain libérée après trois ans de détention pour la mort de son mari
Après près de trois années passées en détention dans le cadre d’une affaire liée au décès de son époux, la policière Samine Francesse Ravelain a été acquittée cette semaine par le tribunal criminel. Issue de la 27ᵉ promotion de la Police nationale d’Haïti, elle était poursuivie pour homicide volontaire après la mort, en décembre 2022 à Cité Militaire, de Fritz Gérald Rivière, lui-même policier affecté à l’Unité départementale de maintien d’ordre (UDMO).
D’après les éléments présentés au cours du procès, Fritz Gérald Rivière a perdu la vie après avoir reçu une balle lors d’une altercation survenue au domicile de la sœur de son épouse. La défense de Samine Francesse Ravelain a toutefois soutenu que la policière s’était rendue chez sa sœur pour se mettre à l’abri de violences conjugales qu’elle aurait subies. Ses avocats ont notamment indiqué qu’elle avait déjà saisi à plusieurs reprises la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) et l’Inspection générale de la Police nationale d’Haïti (IGPNH), sans obtenir, selon eux, une protection adéquate.
Au cours des débats, le ministère public a défendu la thèse selon laquelle Fritz Gérald Rivière avait été tué par son épouse. La défense, représentée par Me Emmanuel Jeanty, Me Stéphanie Jean Pierre et Me Chilert Pierre, a pour sa part présenté une autre lecture des faits, plaidant notamment la possibilité d’un suicide. Les avocats ont évoqué l’état psychologique du défunt et fait référence à un dernier message qu’il aurait envoyé à sa belle-sœur avant le drame.
La défense a également contesté certains éléments du rapport de la DCPJ, estimant que celui-ci présentait des insuffisances, notamment concernant les caractéristiques du projectile. Les conseils de Samine Francesse Ravelain ont par ailleurs dénoncé l’absence de dispositif suffisamment efficace au sein de l’institution policière pour assurer un accompagnement psychologique aux agents confrontés à des situations de détresse.
Un témoignage de la belle-mère de Fritz Gérald Rivière a également marqué les audiences. Accompagnée de ses petites-filles, elle a déclaré devant le tribunal que son fils avait, selon elle, un tempérament difficile et qu’il aurait régulièrement évoqué la possibilité de mettre fin à ses jours. Au terme des débats, le tribunal criminel a finalement retenu la thèse favorable à la défense et prononcé l’acquittement de Samine Francesse Ravelain, mettant ainsi fin à sa longue détention dans cette affaire.

