Haïti : l’UNA-Haïti accuse les forces salvadoriennes de viser des zones civiles, Bukele dément
Des accusations de bombardements et d’attaques contre des zones habitées en Haïti opposent l’Association des Nations unies en Haïti (UNA-Haïti) au président salvadorien Nayib Bukele. Dans une lettre ouverte adressée le 28 octobre 2026 au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, l’organisation dénonce des interventions militaires qui auraient fait des victimes parmi la population civile, notamment à Croix-des-Bouquets, Canaan et dans la plaine du Cul-de-Sac.
L’UNA-Haïti affirme que les forces salvadoriennes auraient eu recours à des bombardements aériens, à des hélicoptères et à des armes lourdes dans ces différentes localités. L’organisation soutient que les populations civiles, particulièrement les enfants, seraient les principales victimes de ces opérations, plutôt que les groupes armés. Elle demande, en conséquence, qu’une enquête soit diligentée pour établir les faits et déterminer les responsabilités éventuelles.
Ces accusations ont provoqué une réaction du président Nayib Bukele, qui les a publiquement contestées. Dans un message publié samedi 31 octobre sur son compte officiel X, le dirigeant salvadorien a notamment fait valoir que la mission déployée en Haïti ne disposait pas de bombes. Il a également soutenu que les hélicoptères salvadoriens n’étaient pas encore arrivés au moment des attaques évoquées, mettant ainsi en doute la chronologie présentée par l’organisation.
Au-delà de son démenti, Bukele a accusé des organisations de faire du lobbying en faveur des groupes criminels et des cartels en se présentant comme des structures humanitaires. Les positions opposées des deux parties interviennent alors que les forces salvadoriennes poursuivent leur déploiement en Haïti dans le cadre de l’appui aux opérations contre les groupes armés. À ce stade, les accusations de l’UNA-Haïti et les démentis du président salvadorien constituent deux versions contradictoires des événements dénoncés.

